Archive for the 'Alexandrins' Category

La bise

Quand on se fait la cour, cela peut-être long
Mais la patience est d’or si l’on veut pavoiser
Voici une histoire qu’on raconte en salon
De quand nos mariés allaient s’apprivoiser

Le premier rendez-vous se passe sous la pluie
C’est un fait qui s’arrose, ils commandent 2 cocktails
Restaurant, Saint-Germain, pas de trop selon lui
Mais pour les au revoir : Une bise, rien de tel !

Au deuxième rencard, c’est fondue japonaise
Nos amis — j’en conviens — s’y connaissent en restos
Et comme le galant commence à être à l’aise
Ce sera une bise… Complétée d’un texto

Mais jamais deux sans trois, tentons la crêperie
Voyons si le plaisir de se voir est tenace
Il doit être certain, cela sans tromperie
En attendant… C’est bien… une bise à Montparnasse !

Ils se revirent ensuite au solstice d’été
Il lui fit découvrir ses mouv’ments du bassin
Si la danse rapproche de par nécessité
Après avoir sué, une bise, c’est plus sain

Comme il prend son temps, elle brûle d’impatience
L’ambiance étant très chaude, ils filent au Pachanga
À un mètre d’écart, le respect des distances
Lui ordonna la bise, bien élevé le gars !

Au “Tout le monde en parle », sixième rendez-vous
Difficile de dire qui fit le premier pas
Pour stopper cet élan, aucun ne se dévoue
La bise était battue par beaucoup plus sympa

On ne peut plus compter la somme des rencards
C’était grâce à la bise qu’on devait faire l’appoint
Deux enfants, marié, Yoann est malin car
Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Pas tout n’est Patounet

~

«Patrick» c’est trop sérieux, pour nous c’est «Patounet».
Un tonton pas «Titi» mais plutôt «Gros Minet».

Plus proche de «fêtard» que de «raisonnable»,
Dernier sur les régimes mais le premier à table.

Il nous a appris a combler nos tartines :
Du pain très bien beurré et pas de margarine !

Il aimait taquiner, qu’importe le moyen.
Et qu’importe la blague, ça nous faisait du bien.

Qu’il fasse Coluche ou bien le père Noël
On préférait son jeu aux stars originelles.

Il manque Patounet au cirque familial,
On a perdu un clown et un tonton royal.

~

Ce lien naturel*

~

– Introduction musicale –

Céline encore enfant, troisième de cordée,
Était bien entourée, vous nous l’accorderez.

Laurent de son côté, dans sa place d’aîné,
Prit son rôle très à cœur, grandissant, in fine.

Adorant la peinture depuis son plus jeune âge,
Elle, deviendra graphiste ou pro du coloriage.

À l’école Laurent, mais sans vouloir médire,
N’était pas le meilleur mais n’était pas le pire.

Il s’est dit : « le dessin, c’est peut-être pour moi »,
Il en a fait sa vie, il en a fait sa loi.

Sourire ne coûte rien mais rapporte beaucoup,
Monitrice rebelle, Céline est dans le coup.

Si elle est sportive et parfois fracturée,
Laurent ne risque rien, soyez-en assurés.

La belle fit un carton, Clooney prenant la pose,
Côté célébrité, Céline a eu sa dose.

N’ayant pas la télé, s’inventant chevalier,
Laurent faisait la cour, cherchant à se lier.

C’est alors le travail qui les a rassemblés,
Écoutant de la dance à longueur de journée.

Le travail, le plaisir, on ne les confond pas.
Mais de draguer Céline, Laurent a pris le pas.

Une semaine, une année, peu importe le temps,
Laurent ne compte pas, luttant contre les vents.

Mais quand vint le moment du tout premier baiser,
Céline était sérieuse, elle allait l’épouser.

Les parents sont heureux de cette destinée
Et unissent leurs voix pour ici la saluer.

– Discours des parents –

La parole est à ceux qui nous ont réunis,
À leurs voeux échangés, nous resterons tout ouïe.

– Voeux –

Pour sceller cette union, vos deux vies, cette chance,
Nous allons procéder, à l’échange d’alliances.

– Échange d’alliances –

Désormais unis par les liens du mariage,
Vous commencez un livre, écrivez-en les pages.

~

(lu le 23 juin 2012)

*Merci à ALB pour le titre ainsi que pour les corrections.

Le bon pré sage

~

L’âne, de sa clôture, voyait les gens passer,
S’en faire des peintures, ne pouvait se lasser.

Derrière lui une ferme, à gauche le village,
A sa droite une église : chacun son paysage.

Il aime le village et son agitation,
Il se couche bien tard sans une hésitation.

Il vit sereinement les tempêtes passées,
Mais de rire tout seul, il pourrait se lasser.

Une fois n’est pas coutume, il se lève aux aurores,
L’âne se croit éveillé mais on dirait qu’il dort.

C’est alors qu’une fille retint son attention,
Cachant son apparence par un peu de fiction.

Garde-t-elle un trésor ? Ou quoi d’autre sinon ?
Elle est pour l’âne l’or, ce bien joli prénom.

A sa droite une ferme, s’éloignant du village,
Devant elle une église : chacun son paysage.

– Où vas-tu demoiselle ? – Je m’en vais à l’église,
Je m’intéresse à Dieu et aux pages qui se lisent,

Pour lui je me réveille, je sors et je me couche
Je suis bien en retard, il va trouver ça louche.

Le soir moins occupée, occasionnellement,
La fille resta souper, puis, régulièrement.

Elle aimait son humour, lui ses douces caresses,
Mais ceci n’est pas sûr, c’est peut-être l’inverse.

Le bonheur final’ment n’était pas vraiment loin.
On le trouve en bout d’rue, à travers les chemins.

Derrière eux une ferme, à gauche le village,
A leur droite une église, devant ? Le paysage.

Le ciel en devenir ne sera pas méchant,
S’ils regardent devant eux, et coupent à travers champs.

~

L’âne qui avait un chat.

~

J’étais seul chez moi, bien seul je vous assure,
Mes « hihans » résonnaient entre mes quatre murs.

Puis elle est arrivé pendant une crise de foin,
Nul malentendu, je vais en prendre soin.

Je n’vais pas l’adopter, c’est à elle de choisir.
Bon d’accord je l’emmène, je serai son loisir.

Son attrait naturel ? Les pelotes de laine.
Mon allergie m’inspire. Son nom sera Pollen.

De sa queue en virgule à ses griffes acérées,
J’avais un bout de rien dans mes bras à serrer.

Mon petit quotidien avait soudain changé,
« Devoir rentrer chez moi », je devais y songer.

Entrouvrir la fenêtre ou bien l’ouvrir tout court,
A chacun de mes gestes, elle me donnait un cours.

Je devais m’arrêter de travailler pour elle,
Obligé de savoir quand elle se faisait belle.

Le soir sur mon plumard, j’attendais qu’elle se pose,
Ne plus bouger les bras mais la jambe si j’ose.

Elle attendait sag’ment le clin d’une paupière
Pour miauler violemment « J’ai faim depuis hier ! »

Seulement le destin n’était pas notre ami,
Il lui a fait du mal, je n’en suis pas remis.

Je suis seul chez moi, bien seul je vous assure,
Mes « hihans » déraisonnent entre mes quatre murs,

Je m’attends à entendre crier dans chaque coin
Des plaintes plutôt tendres, mais elles sont déjà loin.

Ne plus être suivi enlève le plaisir
De se voir zigzaguer où son chat le désir.

Ouvrir une fenêtre devient une triste scène,
Aucun plaisir pour moi, car la joie était sienne.

De sa queue en virgule à ses griffes acérées,
Reste des particules, trop peu pour les serrer.

Mon petit quotidien a de nouveau changé,
« Pourquoi rentrer chez soi ? » n’est pas tant imagé.

Un an passé ici semble soudain trop court,
Drôle collocation aux dialogues de sourds.

Je ne m’arrêterai plus de bûcher pour elle,
Sauf si, parfois, la nostalgie s’en mêle.

Et la nuit arrivant, je suis alors tout chose.
« Quoi faire de mes jambes ? », le problème se pose.

Au matin le réveil se fait par la lumière,
Pas de plainte et pourtant, je préférais hier.

Mon « chez moi » a perdu la maîtresse de ses lieux
Un silence a chassé ses « miaous » vers les cieux.

Lors du dernier échange, elle semblait le savoir,
D’un mot félin pour l’autre, j’ai miaulé « au revoir ».

L’allergie est partie pour un an tout au mieux.
Pollen l’a suivi mais m’a fait ses adieux.

~

Paix à son âne !

~

Poids et maux des poèmes, récoltant ce qu’il sème,
Son fardeau est trop lourd, il préfère couper court.
D’avoir trop à conter, Onîm veut arrêter.
Havre trop littéraire, pour aller prendre l’air,
Il ne reviendra plus, merci de l’avoir lu.

~

L’ëgale à vingt plus dix

~

Ça faisait dix années que tu avais vingt ans,
Même en traînant les pieds, tout ça ne dure qu’un temps.

La fillette confirmée, est passée jeune femme,
La beauté affirmée, au touché d’une flamme.

Tes yeux ne brillent pas pour quelques possessions.
Les cadeaux sonnent plus comme des punitions.

Ainsi voici mon offre, un mot pour un sourire,
Pour remplir mon coffre, un seul devrait suffire.

Prends-en donc un qui vient, parmi ceux du poème,
Celui-ci te va bien, il s’agit du trentième.

~

ndla :
Le hasard faisant bien les choses,
Il est le trentième que je pose.

Laissez le passé

~

N’est du vouloir d’aucun, mais de d’autres enlacés,
La naissance de chacun, toujours est au passé,

L’enfance méritée, finit par trépasser,
Elle est en vérité, depuis longtemps passée.

Les erreurs qui deviennent « Actes ordonnancés »,
Restent comme elles viennent, c’est pourtant du passé.

Une fille délurée, s’était de moi lassée.
Ses billes azurées, reflètent le passé.

Tel un feu d’artifice, vif puis effacé,
Les plaisirs sont d’office, conjugués au passé.

Par interrogations, le présent est chassé,
« Mais pour quelles raisons cela s’est-il passé ? »

Le présent pour tout dire, n’est jamais ressassé.
Mais le fait de le lire, c’est presque du passé.

Comme la fin s’avère, de tout oeuf cassé,
Le début de ce vers… c’est déjà du passé.

~

Problème de fond

~

Quand les mots prennent forme, je les ai face au nez.
En y mettant les formes, j’aime les façonner.

Faire le maniéré ? Non merci, sans façon.
J’aime la manière et… l’art sans contrefaçon.

Ce serait formidable, sans faire de manière,
Une forme façonnable, de toutes les manières.

Toutes piles et faces ont, leur chance de tomber,
De toutes les façons, c’est façon de parler.

Qu’importe qui t’informe, me dit un âne hier,
L’important c’est la forme… d’une certaine manière.

~

Au revoir Papy

Un an sans toi…

~

On se souvient du bleu de ta belle salopette,
Où frottait ton couteau, où dormait ta casquette.

Ce fameux couvre-chef qu’on te piquait souvent,
Pour mieux te ressembler, t’embêter un instant.

On se souvient aussi des légumes du jardin,
Des fleurs et de la terre, dont tu prenais grand soin.

Tout ce p’tit univers où chantaient les oiseaux,
Où les poules, les lapins, semblaient nous dire des mots.

Tu nous as fabriqué de belles choses en osier,
Pour porter nos cueillettes et bercer nos poupées.

Quand tu nous baladais avec ta bicyclette,
C’était le Tour de France ! Pas de petites roulettes.

On ne se lassait pas de se faire taquiner,
De tes tapes sur les cuisses, de se faire chatouiller.

On aimait ton humour et tes belles histoires,
Elles resteront toujours, égayer nos mémoires.

Toi qui t’inquiétais tant du niveau de la Loire,
On la surveille pour toi, Papy, tu peux lui dire « Au revoir ».

~

Tes petits enfants.
(écrit le 3 janvier 2007)