Archive for the 'Rimes croisées (ABAB)' Category

Au revoir Mamie

~

Avant même de la voir,
Ses cartes et sa belle écriture
Nous chantaient « Bon Anniversaire ! »
Pour première littérature.

Quand venait l’heure des vacances,
À sa fenêtre, pour que l’on vienne,
En retard ou bien en avance,
Elle s’inquiétait, quoi qu’il advienne.

Si par malheur on arrivait
Avec une fleur ou autre chose,
Avec un cadeau pour Mamie,
Elle n’en comprenait pas la cause.

Et cette fleur ou cette plante
Dont elle ne s’occupait jamais,
Faisait donc son intéressante,
Montant plus haut que les sommets.

Sans plus attendre sur la table,
Poussaient des plats qui sentaient bon.
Nous bien gavés, c’est formidable,
Elle sortait la boîte à bonbons.

Pas de secret pour ses recettes,
Elle nous les a toutes confiées,
Mais les mesures et les étapes,
Il vaudrait mieux ne pas s’y fier.

À la Bataille ou au Nain Jaune,
Elle a passé beaucoup de temps,
Confuse de mieux jouer que nous,
Cela nous plaisait tout autant.

Quand venait l’heure de dormir,
Un doux lit nous était offert,
Qu’elle nous avait confectionné,
Mais qu’on ne savait pas refaire.

La nuit, nous étions rassurés
Par un clown rond lumineux,
Et nos doudous rafistolés
Lançaient des mercis bien à eux.*

Au matin elle était levée,
Bien avant nous, ça c’est certain.
On avait le p’tit déj rêvé :
De la brioche et du bon pain.

Mais il nous faut déjà partir.
Mamie ne t’inquiète donc plus,
Tu as bien nourri nos enfances.
Encore de toi nous aurait plu.

~

Tes petits enfants


*À l’origine :
La nuit, on était rassuré
Par la veilleuse souriante,
Et nos doudous rafistolés
Remerciaient Mamie tout autant.


Pour laisser une moue choir, il ne faut pas être en rue mais…

Réponse à « Flocon se parle » :

~

Il sera un plaisir,
D’aller braver le temps,
Qui fait un peu rosir,
Ton nez c’est embêtant.

Si tu tombes, laisse agir,
Ton moelleux, avisé,
Il n’aurait à rougir,
Des couleurs opposées.

Ainsi je serai là,
Pour venir te chercher,
Ton nez comme cela,
Ne saurait se moucher.

~

Le phare Massy

~

Il fait noir et pourtant,
Je sais que tu es là
C’est une question de temps
Je suis sûr de cela.

Ta lumière apparaît,
C’est vrai, brièvement.
L’angoisse disparaît,
Mais elle pour longtemps.

Il fait noir et pourtant,
Tu sais que je suis là.
Moi, régulièrement,
Je suivrai ton éclat.

~

Paix à son âne !

~

Poids et maux des poèmes, récoltant ce qu’il sème,
Son fardeau est trop lourd, il préfère couper court.
D’avoir trop à conter, Onîm veut arrêter.
Havre trop littéraire, pour aller prendre l’air,
Il ne reviendra plus, merci de l’avoir lu.

~

L’ëgale à vingt plus dix

~

Ça faisait dix années que tu avais vingt ans,
Même en traînant les pieds, tout ça ne dure qu’un temps.

La fillette confirmée, est passée jeune femme,
La beauté affirmée, au touché d’une flamme.

Tes yeux ne brillent pas pour quelques possessions.
Les cadeaux sonnent plus comme des punitions.

Ainsi voici mon offre, un mot pour un sourire,
Pour remplir mon coffre, un seul devrait suffire.

Prends-en donc un qui vient, parmi ceux du poème,
Celui-ci te va bien, il s’agit du trentième.

~

ndla :
Le hasard faisant bien les choses,
Il est le trentième que je pose.

Autrement votre

~

Le moi quand il est incomplet,
Laisse entrer notre solitude,
Mais d’un compagnon se complaît,
Je n’en parle pas d’habitude.

Cette rencontre nous appartient,
Quand nous sommes devant la porte,
Et quand cet « Autre » la retient,
C’est un geste qui nous apporte.

Ce leitmotiv d’initiatives,
Nous donne comme un nouvel élan,
Ce poème en définitive,
Provient de l’Autre bon an mal an.

On apprend de lui pas de soi,
Le bonheur mais pas d’autre émoi.
Veiller sur lui ça va de soi,
En effet pour lui l’Autre est moi.

~

Pour le Foyer du Vert-Galant (Tremblay en France).
Lu par une animatrice lors du « Printemps des Poètes ».
Le thème de cette 10ème édition était « Éloge de l’Autre ».

Laissez le passé

~

N’est du vouloir d’aucun, mais de d’autres enlacés,
La naissance de chacun, toujours est au passé,

L’enfance méritée, finit par trépasser,
Elle est en vérité, depuis longtemps passée.

Les erreurs qui deviennent « Actes ordonnancés »,
Restent comme elles viennent, c’est pourtant du passé.

Une fille délurée, s’était de moi lassée.
Ses billes azurées, reflètent le passé.

Tel un feu d’artifice, vif puis effacé,
Les plaisirs sont d’office, conjugués au passé.

Par interrogations, le présent est chassé,
« Mais pour quelles raisons cela s’est-il passé ? »

Le présent pour tout dire, n’est jamais ressassé.
Mais le fait de le lire, c’est presque du passé.

Comme la fin s’avère, de tout oeuf cassé,
Le début de ce vers… c’est déjà du passé.

~

L’amour par anticipation

~

Il était temps que je t’écrive,
Tu es celle que j’attendais,
Je suis posé sur l’autre rive,
Si jamais tu te demandais.

Comment vas-tu depuis toujours ?
Je souhaite avoir de tes nouvelles.
Pourrais-tu me remettre à jour,
En donnant un coup d’manivelle ?

Regarde, prends-le, ça c’est pour toi.
Je l’ai fabriqué de mes mains,
Pour mon coeur ou pour notre toit,
Ce diffuseur de lendemains.

L’avantage pour le moment,
C’est que je ne me risque pas,
A m’enivrer tout doucement,
Tendrement au creux de tes bras.

D’ici tu es déjà si belle,
Mais ma vision est déformée,
Par le son du prénom de celle,
Que je ne saurais pas nommer.

En attendant de te croiser,
Je te le dis sans ton accord,
Avant de pouvoir traverser,
Que je ne t’aime pas encore.

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Problème de fond

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Quand les mots prennent forme, je les ai face au nez.
En y mettant les formes, j’aime les façonner.

Faire le maniéré ? Non merci, sans façon.
J’aime la manière et… l’art sans contrefaçon.

Ce serait formidable, sans faire de manière,
Une forme façonnable, de toutes les manières.

Toutes piles et faces ont, leur chance de tomber,
De toutes les façons, c’est façon de parler.

Qu’importe qui t’informe, me dit un âne hier,
L’important c’est la forme… d’une certaine manière.

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La part rance de l’apparence

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Souvent sujette à ma vision,
La belle superficialité,
Me provoque alors des lésions,
Et blesse ma simplicité.

Je suis comme celui qui me lit,
Assemblé de chair et de sang.
Mon coeur et âme qui s’y lient,
Sont nus, ce n’est pas indécent.

Voir le fond et non la forme,
Le plus noble des exercices,
Car ceux qui portent l’uniforme,
Ne sont pas tous dans la police.

Ceux qui ne voient que l’apparence,
Sont des aveugles de l’esprit,
Bouder ainsi la tolérance,
C’est avoir un coeur malappris.

J’aime l’art qui sait nous montrer,
Par nos yeux ou par nos oreilles,
Le fond de nous et son entrée,
Pour ça, il n’a pas son pareil.

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