Au revoir Mamie

~

Avant même de la voir,
Ses cartes et sa belle écriture
Nous chantaient « Bon Anniversaire ! »
Pour première littérature.

Quand venait l’heure des vacances,
À sa fenêtre, pour que l’on vienne,
En retard ou bien en avance,
Elle s’inquiétait, quoi qu’il advienne.

Si par malheur on arrivait
Avec une fleur ou autre chose,
Avec un cadeau pour Mamie,
Elle n’en comprenait pas la cause.

Et cette fleur ou cette plante
Dont elle ne s’occupait jamais,
Faisait donc son intéressante,
Montant plus haut que les sommets.

Sans plus attendre sur la table,
Poussaient des plats qui sentaient bon.
Nous bien gavés, c’est formidable,
Elle sortait la boîte à bonbons.

Pas de secret pour ses recettes,
Elle nous les a toutes confiées,
Mais les mesures et les étapes,
Il vaudrait mieux ne pas s’y fier.

À la Bataille ou au Nain Jaune,
Elle a passé beaucoup de temps,
Confuse de mieux jouer que nous,
Cela nous plaisait tout autant.

Quand venait l’heure de dormir,
Un doux lit nous était offert,
Qu’elle nous avait confectionné,
Mais qu’on ne savait pas refaire.

La nuit, nous étions rassurés
Par un clown rond lumineux,
Et nos doudous rafistolés
Lançaient des mercis bien à eux.*

Au matin elle était levée,
Bien avant nous, ça c’est certain.
On avait le p’tit déj rêvé :
De la brioche et du bon pain.

Mais il nous faut déjà partir.
Mamie ne t’inquiète donc plus,
Tu as bien nourri nos enfances.
Encore de toi nous aurait plu.

~

Tes petits enfants


*À l’origine :
La nuit, on était rassuré
Par la veilleuse souriante,
Et nos doudous rafistolés
Remerciaient Mamie tout autant.


Le bon pré sage

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L’âne, de sa clôture, voyait les gens passer,
S’en faire des peintures, ne pouvait se lasser.

Derrière lui une ferme, à gauche le village,
A sa droite une église : chacun son paysage.

Il aime le village et son agitation,
Il se couche bien tard sans une hésitation.

Il vit sereinement les tempêtes passées,
Mais de rire tout seul, il pourrait se lasser.

Une fois n’est pas coutume, il se lève aux aurores,
L’âne se croit éveillé mais on dirait qu’il dort.

C’est alors qu’une fille retint son attention,
Cachant son apparence par un peu de fiction.

Garde-t-elle un trésor ? Ou quoi d’autre sinon ?
Elle est pour l’âne l’or, ce bien joli prénom.

A sa droite une ferme, s’éloignant du village,
Devant elle une église : chacun son paysage.

- Où vas-tu demoiselle ? – Je m’en vais à l’église,
Je m’intéresse à Dieu et aux pages qui se lisent,

Pour lui je me réveille, je sors et je me couche
Je suis bien en retard, il va trouver ça louche.

Le soir moins occupée, occasionnellement,
La fille resta souper, puis, régulièrement.

Elle aimait son humour, lui ses douces caresses,
Mais ceci n’est pas sûr, c’est peut-être l’inverse.

Le bonheur final’ment n’était pas vraiment loin.
On le trouve en bout d’rue, à travers les chemins.

Derrière eux une ferme, à gauche le village,
A leur droite une église, devant ? Le paysage.

Le ciel en devenir ne sera pas méchant,
S’ils regardent devant eux, et coupent à travers champs.

~

Pour laisser une moue choir, il ne faut pas être en rue mais…

Réponse à « Flocon se parle » :

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Il sera un plaisir,
D’aller braver le temps,
Qui fait un peu rosir,
Ton nez c’est embêtant.

Si tu tombes, laisse agir,
Ton moelleux, avisé,
Il n’aurait à rougir,
Des couleurs opposées.

Ainsi je serai là,
Pour venir te chercher,
Ton nez comme cela,
Ne saurait se moucher.

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Le phare Massy

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Il fait noir et pourtant,
Je sais que tu es là
C’est une question de temps
Je suis sûr de cela.

Ta lumière apparaît,
C’est vrai, brièvement.
L’angoisse disparaît,
Mais elle pour longtemps.

Il fait noir et pourtant,
Tu sais que je suis là.
Moi, régulièrement,
Je suivrai ton éclat.

~

L’âne qui avait un chat.

~

J’étais seul chez moi, bien seul je vous assure,
Mes « hihans » résonnaient entre mes quatre murs.

Puis elle est arrivé, pendant une crise de foin,
Nul malentendu, je vais en prendre soin.

Je n’vais pas l’adopter, c’est à elle de choisir.
Bon d’accord je l’emmène, je serai son loisir.

Son attrait naturel ? Les pelotes de laine,
Mon allergie m’inspire, son nom sera Pollen.

De sa queue en virgule à ses griffes acérées,
J’avais un bout de rien dans mes bras à serrer.

Mon petit quotidien avait soudain changé,
« Devoir rentrer chez moi », je devais y songer.

Entrouvrir la fenêtre, ou bien l’ouvrir tout court,
A chacun de mes gestes, elle me donnait un cours.

Je devais m’arrêter de travailler pour elle,
Obligé de savoir quand elle se faisait belle.

Le soir sur mon plumard, j’attendais qu’elle se pose,
Ne plus bouger les bras, mais la jambe si j’ose.

Elle attendait sag’ment le clin d’une paupière
Pour miauler violemment « J’ai faim depuis hier ! »

Seulement le destin, n’était pas notre ami,
Il lui a fait du mal, je n’en suis pas remis.

Je suis seul chez moi, bien seul je vous assure,
Mes « hihans » déraisonnent entre mes quatre murs,

Je m’attends à entendre crier dans chaque coin
Des plaintes plutôt tendres, mais elles sont déjà loin.

Ne plus être suivi, enlèvent le plaisir,
De se voir zigzaguer où son chat le désir.

Ouvrir une fenêtre devient une triste scène,
Aucun plaisir pour moi, car la joie était sienne.

De sa queue en virgule, à ses griffes acérées,
Reste des particules, trop peu pour les serrer.

Mon petit quotidien a de nouveau changé,
« Pourquoi rentrer chez soi ? » n’est pas tant imagé.

Un an passé ici, semble soudain trop court,
Drôle collocation, aux dialogues de sourds.

Je ne m’arrêterai plus de bûcher pour elle,
Sauf si parfois bien sûr, la nostalgie s’en mêle.

Et la nuit arrivant, je suis alors tout chose.
« Quoi faire de mes jambes ? », le problème se pose.

Le matin le réveil se fait par la lumière,
Pas de plainte et pourtant, je préférais hier.

Mon « chez moi » a perdu la maîtresse de ses lieux
Un silence a chassé ses « miaous » vers les cieux.

Lors du dernier échange, elle semblait le savoir,
D’un mot félin pour l’autre, J’ai miaulé « au revoir ».

L’allergie est partie pour un an, tout au mieux.
Pollen l’a suivi, mais m’a fait ses adieux.

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Paix à son âne !

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Poids et maux des poèmes, récoltant ce qu’il sème,
Son fardeau est trop lourd, il préfère couper court.
D’avoir trop à conter, Onîm veut arrêter.
Havre trop littéraire, pour aller prendre l’air,
Il ne reviendra plus, merci de l’avoir lu.

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L’ëgale à vingt plus dix

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Ça faisait dix années que tu avais vingt ans,
Même en traînant les pieds, tout ça ne dure qu’un temps.

La fillette confirmée, est passée jeune femme,
La beauté affirmée, au touché d’une flamme.

Tes yeux ne brillent pas pour quelques possessions.
Les cadeaux sonnent plus comme des punitions.

Ainsi voici mon offre, un mot pour un sourire,
Pour remplir mon coffre, un seul devrait suffire.

Prends-en donc un qui vient, parmi ceux du poème,
Celui-ci te va bien, il s’agit du trentième.

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ndla :
Le hasard faisant bien les choses,
Il est le trentième que je pose.

Autrement votre

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Le moi quand il est incomplet,
Laisse entrer notre solitude,
Mais d’un compagnon se complaît,
Je n’en parle pas d’habitude.

Cette rencontre nous appartient,
Quand nous sommes devant la porte,
Et quand cet « Autre » la retient,
C’est un geste qui nous apporte.

Ce leitmotiv d’initiatives,
Nous donne comme un nouvel élan,
Ce poème en définitive,
Provient de l’Autre bon an mal an.

On apprend de lui pas de soi,
Le bonheur mais pas d’autre émoi.
Veiller sur lui ça va de soi,
En effet pour lui l’Autre est moi.

~

Pour le Foyer du Vert-Galant (Tremblay en France).
Lu par une animatrice lors du « Printemps des Poètes ».
Le thème de cette 10ème édition était « Éloge de l’Autre ».

Les dés du dédain

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Les dunes d’elle qui m’allument
nargue le moi qui l’importune

Les dés précoces de la brune
Jetés avant moi font la Une

Mon dû n’est pas du dédain d’une
s’envolant sans mon infortune

Elle vole et vole dans ma lune
d’une aile sûre ma fortune

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Laissez le passé

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N’est du vouloir d’aucun, mais de d’autres enlacés,
La naissance de chacun, toujours est au passé,

L’enfance méritée, finit par trépasser,
Elle est en vérité, depuis longtemps passée.

Les erreurs qui deviennent « Actes ordonnancés »,
Restent comme elles viennent, c’est pourtant du passé.

Une fille délurée, s’était de moi lassée.
Ses billes azurées, reflètent le passé.

Tel un feu d’artifice, vif puis effacé,
Les plaisirs sont d’office, conjugués au passé.

Par interrogations, le présent est chassé,
« Mais pour quelles raisons cela s’est-il passé ? »

Le présent pour tout dire, n’est jamais ressassé.
Mais le fait de le lire, c’est presque du passé.

Comme la fin s’avère, de tout oeuf cassé,
Le début de ce vers… c’est déjà du passé.

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