Paix à son âne !

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Poids et maux des poèmes, récoltant ce qu’il sème,
Son fardeau est trop lourd, il préfère couper court.
D’avoir trop à conter, Onîm veut arrêter.
Havre trop littéraire, pour aller prendre l’air,
Il ne reviendra plus, merci de l’avoir lu.

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L’ëgale à vingt plus dix

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Ça faisait dix années que tu avais vingt ans,
Même en traînant les pieds, tout ça ne dure qu’un temps.

La fillette confirmée, est passée jeune femme,
La beauté affirmée, au touché d’une flamme.

Tes yeux ne brillent pas pour quelques possessions.
Les cadeaux sonnent plus comme des punitions.

Ainsi voici mon offre, un mot pour un sourire,
Pour remplir mon coffre, un seul devrait suffire.

Prends-en donc un qui vient, parmi ceux du poème,
Celui-ci te va bien, il s’agit du trentième.

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ndla :
Le hasard faisant bien les choses,
Il est le trentième que je pose.

Autrement votre

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Le moi quand il est incomplet,
Laisse entrer notre solitude,
Mais d’un compagnon se complaît,
Je n’en parle pas d’habitude.

Cette rencontre nous appartient,
Quand nous sommes devant la porte,
Et quand cet « Autre » la retient,
C’est un geste qui nous apporte.

Ce leitmotiv d’initiatives,
Nous donne comme un nouvel élan,
Ce poème en définitive,
Provient de l’Autre bon an mal an.

On apprend de lui pas de soi,
Le bonheur mais pas d’autre émoi.
Veiller sur lui ça va de soi,
En effet pour lui l’Autre est moi.

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Pour le Foyer du Vert-Galant (Tremblay en France).
Lu par une animatrice lors du « Printemps des Poètes ».
Le thème de cette 10ème édition était « Éloge de l’Autre ».

Les dés du dédain

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Les dunes d’elle qui m’allument
nargue le moi qui l’importune

Les dés précoces de la brune
Jetés avant moi font la Une

Mon dû n’est pas du dédain d’une
s’envolant sans mon infortune

Elle vole et vole dans ma lune
d’une aile sûre ma fortune

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Laissez le passé

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N’est du vouloir d’aucun, mais de d’autres enlacés,
La naissance de chacun, toujours est au passé,

L’enfance méritée, finit par trépasser,
Elle est en vérité, depuis longtemps passée.

Les erreurs qui deviennent « Actes ordonnancés »,
Restent comme elles viennent, c’est pourtant du passé.

Une fille délurée, s’était de moi lassée.
Ses billes azurées, reflètent le passé.

Tel un feu d’artifice, vif puis effacé,
Les plaisirs sont d’office, conjugués au passé.

Par interrogations, le présent est chassé,
« Mais pour quelles raisons cela s’est-il passé ? »

Le présent pour tout dire, n’est jamais ressassé.
Mais le fait de le lire, c’est presque du passé.

Comme la fin s’avère, de tout oeuf cassé,
Le début de ce vers… c’est déjà du passé.

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L’amour par anticipation

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Il était temps que je t’écrive,
Tu es celle que j’attendais,
Je suis posé sur l’autre rive,
Si jamais tu te demandais.

Comment vas-tu depuis toujours ?
Je souhaite avoir de tes nouvelles.
Pourrais-tu me remettre à jour,
En donnant un coup d’manivelle ?

Regarde, prends-le, ça c’est pour toi.
Je l’ai fabriqué de mes mains,
Pour mon coeur ou pour notre toit,
Ce diffuseur de lendemains.

L’avantage pour le moment,
C’est que je ne me risque pas,
A m’enivrer tout doucement,
Tendrement au creux de tes bras.

D’ici tu es déjà si belle,
Mais ma vision est déformée,
Par le son du prénom de celle,
Que je ne saurais pas nommer.

En attendant de te croiser,
Je te le dis sans ton accord,
Avant de pouvoir traverser,
Que je ne t’aime pas encore.

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Problème de fond

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Quand les mots prennent forme, je les ai face au nez.
En y mettant les formes, j’aime les façonner.

Faire le maniéré ? Non merci, sans façon.
J’aime la manière et… l’art sans contrefaçon.

Ce serait formidable, sans faire de manière,
Une forme façonnable, de toutes les manières.

Toutes piles et faces ont, leur chance de tomber,
De toutes les façons, c’est façon de parler.

Qu’importe qui t’informe, me dit un âne hier,
L’important c’est la forme… d’une certaine manière.

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Au revoir Papy

Un an sans toi…

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On se souvient du bleu de ta belle salopette,
Où frottait ton couteau, où dormait ta casquette.

Ce fameux couvre-chef qu’on te piquait souvent,
Pour mieux te ressembler, t’embêter un instant.

On se souvient aussi des légumes du jardin,
Des fleurs et de la terre, dont tu prenais grand soin.

Tout ce p’tit univers où chantaient les oiseaux,
Où les poules, les lapins, semblaient nous dire des mots.

Tu nous as fabriqué de belles choses en osier,
Pour porter nos cueillettes et bercer nos poupées.

Quand tu nous baladais avec ta bicyclette,
C’était le Tour de France ! Pas de petites roulettes.

On ne se lassait pas de se faire taquiner,
De tes tapes sur les cuisses, de se faire chatouiller.

On aimait ton humour et tes belles histoires,
Elles resteront toujours, égayer nos mémoires.

Toi qui t’inquiétais tant du niveau de la Loire,
On la surveille pour toi, Papy, tu peux lui dire « Au revoir ».

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Tes petits enfants.
(écrit le 3 janvier 2007)

La part rance de l’apparence

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Souvent sujette à ma vision,
La belle superficialité,
Me provoque alors des lésions,
Et blesse ma simplicité.

Je suis comme celui qui me lit,
Assemblé de chair et de sang.
Mon coeur et âme qui s’y lient,
Sont nus, ce n’est pas indécent.

Voir le fond et non la forme,
Le plus noble des exercices,
Car ceux qui portent l’uniforme,
Ne sont pas tous dans la police.

Ceux qui ne voient que l’apparence,
Sont des aveugles de l’esprit,
Bouder ainsi la tolérance,
C’est avoir un coeur malappris.

J’aime l’art qui sait nous montrer,
Par nos yeux ou par nos oreilles,
Le fond de nous et son entrée,
Pour ça, il n’a pas son pareil.

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Chapitre I : Seul l’âne ne me dit rien qui vaille

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L’âne Onîm a besoin de soins,
Pour retrouver toutes ses forces,
Un peu de rimes dans les foins,
Pourrait être une bonne amorce.

Les idées germent, à c’qu’il parait,
Même quand elles sont à l’agonie.
Je reste ferme sur mes jarrets,
Comme les Grands Pieds d’Patagonie.

Dans une atmosphère de mots,
Des phrases volent autour de moi,
Elle donnent à ma tête des maux,
Ma queue en balaye parfois.

Pour combler une solitude,
Il faut la faire disparaître,
J’offre ainsi la sollicitude,
Aux mots qui n’ont plus qu’une lettre.

Mais qu’en est-il de la mienne,
Coincé au fond de mon étable ?
Je reste seul quoi qu’il advienne,
Personne pour partager ma table.

Il suffit ! Je ne me plains plus,
Je refuse d’être sclérosé.
Je partirai bien au delà,
De la clôture électrisée.

À la première des occasions,
Je refais ma vie sans frontière,
J’ai le plan de mon évasion,
Ecoutez-le car j’en suis fier…

Quand le fermier point’ra son nez,
Je serai caché dans la paille,
Il sera ainsi condamné,
À me chercher, ça c’est sans faille.

Penché dans cette nature morte,
Il ne me verra pas sortir,
Je marcherai de telle sorte,
Qu’un ninja ne pourrait en rire.

En me traitant de tous les noms,
Le brave homme cherchera ailleurs,
Dans sa remorque, sûr que non !
De mon plan, ça c’est le meilleur.

En attendant de voir venir,
Le fermier avec son tracteur,
J’aurais bien besoin de dormir,
Demain entre en scène l’acteur.

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